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« L’homme a inventé la littérature pour y déposer les marques laissées par la douleur qu’il a éprouvée au moment crucial où il a pris conscience de sa condition d’homme. »
Akira Mizubayashi

Bienvenue dans le pays haut de l’écriture entre ici et ailleurs où je cultive « un petit jardin de mots ». Jeanne Benameur

En retournant la vieille langue dans le pas à pas des jours remontent des pierres de feu que les savants nomment silex. Elles embrasent une poignée de feuilles et de phrases menues.
Je m’échauffe un peu, je me frotte les mains, « on s’y frotte et s’y lime la cervelle » Montaigne.
C’est de l’engrais, j’ai toujours eu cette ferveur-là des collections de mots, mes carnets et mes manuscrits en gardent la trace, le mot est texte, histoire, évocation et résonances, appel de son contraire, appeau qui en attire d’autres, tesson perdu et idiot qui happelle un texte latent en attente ; avec l’impatience d’un vent fou qui veut jeter son souffle et son trouble sur la page.
On voit vite tomber une volée d’étourneaux, un début de roman, une nouvelle, un poème, en écriture, je ne choisis pas.

C’est tendu entre ce qui s’arc-boute au dedans, ce qui tangue ou s’ébroue et la langue, celle-là je la désire brève, raréfiée, tamisée, et elle paraît à sa guise, ça pointe, c’est là. Autrement. Pas bien alignée sur la page, pas tirée au cordeau, pleine d’herbes sauvages, toute mal fagotée.

Il faut y revenir sans cesse au travail. Anne Cauquelin dit du jardin, qu’il « répond à une loi qui le met à part dans les productions humaines : celle de l’anentropie, ce travail incessant de reconstruction, de rapiècement, de rétablissement patient à partir de restes. »
Ecrire, c’est ce grand geste d’effort.

Je vous invite à pousser les portes du jardin, à déambuler.

« Ecrire, c’est une manière de respirer le monde ». Sylvie Germain
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